Nostalgia About Nostalgia

Will's Epic In The Timeless Zone



I've seen things you people wouldn't believe : Attack ships on fire off the shoulder of Orion ! I watched C-beams glitter in the dark near the Tannhäuser gate... All those moments will be lost in time... like tears in rain... Time to die.

Roy Batty, the nosalgic android - Blade Runner.

J'ai vu des choses, que vous autre humains ne pourriez croire : Des cuirassés en flamme s'abîmant sur l'épaule d'Orion ! J'ai vu les rayons-C, qui miroitaient dans l'ombre de la porte de Tannhäuser... Ces moments se perdront dans l'oubli... Comme des larmes dans la pluie. Il est temps de mourir.

Roy Batty, l'androïde nostalgique - Blade Runner.

For Hindus, the past which is no longer has no more reality than the future that is not yet. When the present... Caught between past and future is a point without dimensions. Unless we consider it as a small part of the past, say one second, added one second future ?.. But everyone knows that borders only exist on maps.
Nonetheless, frontiers exist somewhere else : They do exist in our mind. What we call the present is the space produced by a few seconds of memory combined with a few seconds anticipated in our mind.
But as the elusive present moment cannot contain any space, nor even a mind to grasp this space, we can think that, stuck in the vise of the past-future, the mind, lacking any space to exist, should be annihilated.
This suggests that to exist, the mind must have its dwelling outside of time as it is conceived by physics, somewhere in eternity...

Pour les hindous, le passé qui n'est plus n'a pas plus de réalité que l'avenir qui n'est pas encore. Quand au présent... Coincé entre passé et futur, c'est un point sans dimensions. A moins de l'entendre comme une petite partie de passé, disons une seconde, additionnée d'une seconde de futur ?.. Mais chacun sait que les frontières n'existent que sur les cartes.
Pourtant les frontières existent bien quelque-part ailleurs, elles existent dans notre esprit. Ce que nous appelons le présent est l'espace produit par quelque secondes de souvenir additionnées de quelque secondes anticipées dans notre esprit.
Mais le présent insaisissable ne pouvant contenir ni cet espace, ni un esprit pour appréhender cet espace, on peut penser que, coincé dans l'étaux du passé-futur, l'esprit privé d'espace pour exister devrait être annihilé.
Ceci laisse supposer que pour exister, l'esprit devrait avoir sa demeure hors du temps tel que la physique le conçois, quelque-part dans l'éternité...

Roland in Time et Pacific sur Amstrad cpc

Was it to enable him to take control of his fate, or to organise his days more efficiently - or those of his fellows - that man divided his existence in past, present and future ? This way of understanding is not the reality that you experience, and as you walk through the autumn leaves, the trees turn yellow and evoke other autumns...
Some whose radiant glow cruelly contrast with your momentary sullenness, and then others, where your inability to reap their fruits overwhelms you with regret.
Soon, a little further, your restless mind wonders about the true nature of these «Proustian madeleines» which haunt your every move...
The ghosts of autumn parading before your bewildered eyes ? The soul of the moment, if there is one, and that of the place ? Is it something objectively real that other people can observe alongside you, or is it a heap of emotions trapped within you that cannot escape the realm of your thoughts, like some treasure that you might desperately grasp at but cannot bring out from your nightly dream ? And if this is the case, is there not something wrong with the fact that the true essence of your life experience remains tightly locked away, perfectly intimate, and seems in any case to concern you alone, to the point that you often preferred to put it aside, forgetting yourself as you would forget an anonymous glance from behind an unknown window...?
Because strangely, the only tangible thing to our mind remains intangible to our hands, and inaccessible to our senses.
And now, at last, you remember...

Est-ce pour mieux prendre le contrôle de son destin, et afin de mieux organiser ses journées - ou celles de ses semblables - que l'homme découpa son existence en passé, présent et futur ? Cette façon d'appréhender n'est pas la réalité que tu éprouves, et comme tu marches à travers les feuilles de l'automne, les arbres qui jaunissent font surgir d'autre automnes...
Ceux dont l'éclat radieux contraste cruellement avec la maussaderie immédiate, et puis d'autre, dont ton incapacité d'alors à en cueillir les fruits t'accable de regrets. Bientôt, un peu plus loin, ton esprit vagabond se demande quelle est la vrai nature de ces «madeleines de Proust» qui viennent hanter tes pérambulations... Les spectres de l'automne qui défilent devant tes yeux hallucinés ? L'âme de l'instant, s'il en est une, et de cet endroit ? Est-ce quelque-chose de bien réel et d'extérieur que les autre peuvent contempler à tes cotés ou bien une superposition d'émotions qui n'existent qu'encloses en toi et ne peuvent quitter le domaine de tes pensées, comme ce trésor auquel tu t'es agrippé mais que tu n'a pu rapporter d'un rêve nocturne ? Et si c'est le cas, n'y a t-il pas quelque-chose qui cloche dans le fait que l'essence même de ton expérience vécue, reste hermétiquement cloîtrée, parfaitement intime et ne semble de toute façon n'intéresser que toi, au point que tu aies souvent préféré la mettre de coté, t'oublier toi-même, comme on oublie un regard anonyme - aperçu derrière une fenêtre inconnue...? Car étrangement, la seule chose tangible par notre esprit reste par nos mains intangible, inaccessible aux sens.
Et maintenant, finalement, tu te souviens...

Bruce Lee et Hurlements sur Amstrad cpc

Some moments were enjoyable, others unpleasant. You can yell at anyone who will listen that it was not exactly what you had expected. When those memories, free at last of your embarrassing presence, appear before you purified in their full radiance, you know for sure that they are the only ones you have, and songs resurface to remind you that there are no more beautiful ones, and that there will be no others. So why conceive the present as a small piece of the past added to another belonging to the future ? It's better expanding it ! Let it devour both past and future and extend its domain from the dawn of time until its end... The great present.
Mayflies, we belong to our time, and our life has a center of gravity, somewhere in what we call adolescence. Moreover, when considering a person, it is useful to look at him from the perspective of the time which he belongs to. This will allow to appreciate him with a increased degree of understanding and thereby love him more.

Certains moments furent agréables, d'autre déplaisants. Tu peux crier à qui veut l'entendre que ce n'est pas exactement comme ça que tu le voyais, quand ces souvenirs, enfin débarrassés de ta présence embarrassante, t'apparaissent purifiés dans toute leur lumière, tu sais que pour toi il n'y a que ceux là et des chansons ressurgissent pour te rappeler qu'il n'y en a pas de plus beaux, et qu'il n'y en aura pas d'autre.
Alors pourquoi entendre le présent comme une petite partie de passé additionnée d'une autre de futur ? Autant l'élargir ! Et le laisser dévorer passé et futur, repousser son étendue depuis la nuit des temps et jusqu'à leur fin... Le grand présent.
Ephémères, nous appartenons à notre temps, et notre vie a un centre de gravité, quelque-part dans ce que nous nommons l'adolescence. D'ailleurs, lorsqu'on considère une personne, il est salutaire de penser à l'examiner sous l'angle du temps auquel elle appartient. Cela permet de l'apprécier avec un degré de compréhension accrue, et de l'en aimer plus.

La Guerra de Gamber et Cheril Of The Bosque sur Amstrad cpc

As you draw the line of your life, and sharpen day after day your pencil, you may be tempted to rub out here and there some part of the drawing. But this will not be able to lengthen the pencil, and there is a better thing to do with the grim past : Enlighten it... And water it.
You don't need to erase the previous day in order to appreciate where you are now, nor do you need to divide your life into three parts. Leave behind the past and the future, and keep a simultaneous collection of present moments, or a great present, an eternity, through which the pen of your life traces its way. Remember : Mankind's thirst for life has never been satisfied with a mere few seconds of the present. Always regretting the past and champing at the bit for the future, it wanted all of it, coveting every moment in a single unique trance beyond space and time. For you, the great present is the space that extends from your first memory to your last breath. This great present, your time, your eternity so to speak, is your story, your life. And like a piece of music that you cannot appreciate after just hearing a single note - for you need to have heard, or at least used your musical culture to guess at the beginning, and simultaneously anticipate the end - your life is a unity.

Alors que tu dessine la ligne de ta vie, et que tu taille jour après jour ton crayon, tu pourrai être tenté de gommer, de ci de là, l'une ou l'autre partie du chemin parcouru. Mais cela ne rallongera pas ton crayon, et il y a mieux à faire que d'effacer le passé funeste : l'éclairer... Et l'arroser.
Pas plus que tu ne dois pour apprécier le point ou tu est effacer le jour d'avant, tu n'as besoin de découper ta vie en 3 parties... Laisse ici passé et futur, et garde une collection simultanée d'instants présents, ou un grand présent, une éternité, à travers lequel la plume de ta vie trace son chemin. Souviens-toi : La soif de l'humain pour la vie ne s'est jamais contentée de quelque secondes de présent. Toujours déplorant le passé et trépignant pour l'avenir, elle l'a voulue toute entière, convoitant tout ses âges en une seule et unique transe au delà de l'espace et du temps. Pour toi, le grand présent est l'espace qui s'étend depuis ton premier souvenir jusqu'à ton dernier souffle. Ce grand présent, ton époque, autant l'appeler ton éternité, est ton histoire, ta vie. Et comme le morceau de musique que tu ne peux apprécier en entendant une simple note, car tu dois pour cela avoir écouté, ou subodoré par ta culture musicale le début, et simultanément anticipé la fin, ta vie est unité.

Barbarian et Billy la Banlieue sur Amstrad cpc

Somewhat dizzy, you continue your walk and as you enter a clearing, the clouds part and make way for a ray of light, flooding instantly with flaming colors an area of dead leaves from which arise scattered mossy stumps sprinkled with rotten branches, making them look like antediluvian creatures which might have drowned in the leaves. Then you realize that at your feet, the layers of leaves, far away from hiding - as you had imagined - those beneath, seem rather to reveal them by means of a brighter and more luminous variety of transparency. you hear in the wind the whisper of the dead, and see beneath the carpet of leaves, among the crushed skulls in the ancient layers of soil increasingly dark and deep, a few familiar faces.
For today's delight, the autumn that you contemplate now is none other than all the autumns that were and all those that will be. Share them if you want, and if you can, and above all allow yourself to inebriate with their essence. This, thankfully, can neither be stolen nor sold, and belongs only to those who seize it.

Pris de vertige tu continue ta promenade et comme tu pénètre une clairière, les nuages s'ouvrent et laissent tomber un rayon de lumière, inondant aussitôt de couleurs flamboyantes une étendue de feuilles mortes d'où surgissent éparses des vieilles souches hérissées de branches pourries, les faisant ressembler à des créatures antédiluviennes qui se seraient noyées dans les feuilles. Tu t'aperçois alors qu'à tes pieds, la couche de feuilles qui s'accumule au sol, loin de masquer comme tu le supposais les précédentes, semble au contraire les révéler par transparence toujours plus éclatantes et lumineuses. Il te semble entendre dans le vent le murmure des trépassés, et voir sous le tapis de feuilles parmi les crânes aplatis dans les anciennes couches d'humus toujours plus noires et plus profondes, des visages familiers.
Pour ton ivresse d'aujourd'hui, l'automne que tu contemples maintenant n'est autre que tout les automnes qui furent ainsi que tout ceux qui seront. Partage les si tu veux, et si tu peux, et surtout enivre-toi de leur essence. Dieu merci, on ne peut ni la voler, ni la vendre, elle appartient juste à ceux qui la saisissent.

Orphée et Moonbuggy sur Amstrad cpc